12 Jan

Vendre demain par … Thierry Wellhoff

Fondateur en 1981 de l’agence de communication Wellcom dont il a été le président jusqu’en 2019, Thierry Wellhoff a également été durant une vingtaine d’années, administrateur du Syntec dont il a été le président de 2010 à 2016.

Il est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages qui sont devenus des références dont : Les Valeurs – Donner du sens, gérer la communication, construire la réputation (Eyrolles-2009 et 2011), L’entreprise en 80 valeurs (Editions Liaisons-2011), Le Procès de la communication (Les Belles Lettres-2016).

Thierry Wellhoff dirige aujourd’hui une structure de conseil : TW&A (tw-associes.com) pour accompagner les dirigeants  sur tous les sujets de top-management tels que leur positionnement – la structuration de l’offre – l’organisation – et les sujets de fusion/acquisition.


Question : Deux visions, utopique versus dystopique, s’opposent dès qu’on évoque le monde de demain … qui est déjà bien souvent, celui d’aujourd’hui : un monde plus responsable, plus respectueux des citoyens et de la planète, versus un monde où les loups se dévorent entre eux : ta propre vision se situerait plutôt où ?

Thierry Wellhoff : Ne disposant pas de boule de cristal suffisamment performante, je ne suis pas certain que ma vision présente un réel intérêt. La réponse que j’aurais envie de faire est « n’essayez pas de deviner votre futur, construisez-le ! ». Je ne crois pas à l’inéluctable et même si de nombreux signaux sont de nature à nous inquiéter (populisme, complotisme, fake-news, pandémies à répétition, dérèglement climatique et ses conséquences… ), je pense que le monde de demain sera avant tout celui que l’on fera. Quel rapport avec le monde de l’entreprise ? Justement l’entrepreneuriat c’est-à-dire l’action. C’est aujourd’hui en partie le rôle des entreprises de changer le monde comme nous l’ont enseigné nombre d’études à ce sujet.

Le rôle de l’entreprise a évolué. Elle n’est pas seulement là pour remplir une mission et faire du résultat, un prérequis pour qu’elle puisse s’assurer de sa pérennité. Elle doit avoir une vision et pouvoir s’assurer d’un minimum d’attractivité et de confiance tant auprès de ses collaborateurs, de ses clients, de ses partenaires et de la société en général pour obtenir ce que l’on a coutume d’appeler la « licence to operate », c’est-à-dire avoir l’autorisation de ses publics. Avec tout ce que cela comporte d’engagements sociaux, sociétaux et environnementaux.

Question : Un scénario possible – et même prévisible – est que bon nombre de petites structures (PME, TPE, startups) vont faire feu de tout bois pour refaire du business le plus vite possible …

Thierry Wellhoff : Je n’ai pas le sentiment qu’à un moment une entreprise telle que celles que je connais puisse se dire sur le long terme « c’est bon, on lève le pied ». C’est peut-être le cas d’un collaborateur ou un dirigeant à un moment ou à un autre, mais le plus souvent, ce qui caractérise un entrepreneur est une ambition qui s’accorde mal avec le fait de ne pas faire activement de business. Après, la question est : compte-tenu du contexte économique, vont-elles renier leurs valeurs ? Pour ma part, je ne le pense pas. Il est encore plus difficile pour une entreprise de changer de culture que pour soi-même.

Par contre les entreprises connaissent une accélération de la nécessité de se transformer pour s’adapter et cette course à l’adaptation va connaître comme toujours des gagnants et des perdants.

Question : Quelles pourraient être les valeurs sur lesquelles s’appuieraient les marques de demain ?

Thierry Wellhoff : Comme la culture, les valeurs évoluent… très lentement. Ce qui ne veut pas dire qu’elles n’évoluent pas, mais que dans ce domaine, il ne faut pas s’attendre à une révolution. Certaines valeurs seront certainement toujours en haut, voire au plus haut des préférences des entreprises comme celle de leurs publics. Je pense notamment que les valeurs de d’innovation, d’agilité et de responsabilité, seront pour longtemps en haut de l’affiche.