03 Juil

Lancer sa start-up à Hong Kong : premières impressions

Après une première expérience professionnelle en France, Johana Burloux est partie vivre à Hong Kong et très vite, s’est lancée dans l’aventure de l’entreprise. Elle nous livre ses premières impressions quelques mois avant le lancement de sa société.

Pour beaucoup de Français, Hong Kong c’est un immense port qui, avec Shanghai, est le principal lieu d’exportation de la Chine ?

Il est vrai que Hong Kong a hérité d’un rôle de pivot, un lieu de transit et d’échanges entre la Chine et l’Occident. Mais en fait, c’est aussi un micro-pays à part entière, un monde à part, même si, depuis le 1er juillet 1997, date de rétrocession de cette ancienne colonie britannique, il est devenu une région administrative de la Chine, sous l’égide du principe « un pays, deux systèmes ». Tout le monde a l’image de l’île de Hong Kong et de sa forêt de gratte-ciels qui fait ressembler Manhattan à un village lorsqu’on y est. Mais c’est aussi une vraie jungle, un archipel, … Il y a des fermes à Hong Kong. Et de belles plages ! Mais c’est bien évidemment aussi la Chine avec sa culture, ses codes et son art de vivre. Qu’il faut comprendre rapidement et qui n’ont rien à voir avec ceux des Européens même si le rattachement à la Couronne britannique pendant plus de 150 ans a créé ici une culture hybride, en symbiose.

Pas facile de s’intégrer surtout qu’il y a peu de Français pour vous y aider ?

Contrairement à une idée reçue, il y a même plus de Français à Hong-Kong que d’Anglais ou d’Australiens. La communauté française représenterait près de 25000 personnes et continue de croitre de 5 % par an. Elle est composée d’expatriés envoyés par de grandes compagnies, même si ce type de contrats tend à se raréfier, mais aussi par de nombreux jeunes diplômés qui … viennent tenter leur chance dans cet eldorado. Il y a ainsi beaucoup de relais qui aident les familles, les jeunes actifs, les entrepreneurs, avec une branche très dynamique de la French Tech… Je me suis moi-même retrouvée à animer un groupe de partage d’expériences sur la recherche d’emploi à Hong Kong.  C’est d’ailleurs ce qui est fascinant ici : à force de rencontres et d’initiatives, on peut se créer petit à petit son réseau et ses opportunités. C’est un constat qui va bien au-delà de la communauté française et définit la ville entière, et c’est qui est venu enrichir l’idée de Weesper. A Hong Kong comme dans tous les pays de culture chinoise, le réseau est vital. Il est impossible de faire des affaires sans avoir construit le sien. C’est un concept que beaucoup d’Occidentaux ont du mal à comprendre car ils pensent « réseau » au sens LinkedIn, Grandes Ecoles ou autres. Ici, le réseau, ce sont les gens que je connais, qui me font confiance et en qui j’ai confiance. En affaires, avant de signer un contrat comme le font les Occidentaux, on se « sert la main ». Dans la culture chinoise, le monde des affaires repose sur la confiance. Lorsque vous rencontrez un interlocuteur pour la première fois, prenez bien le temps de lui expliquer qui vous êtes et d’écouter ce qu’il vous dira sur lui avant même de parler affaires !

Vous parlez de Weesper qui est en cours de lancement ? Comment avez-vous donc placer le réseau au centre de votre solution ?

Weesper est une solution de recrutement inédite sous plusieurs aspects, son « pricing », son positionnement mais ce qui est résolument nouveau est comment nous mettons en relation « demandeur » et « recruteurs ». Nous le faisons uniquement sur la base de recommandations. En bref, lorsqu’une entreprise cherche un collaborateur, elle poste sur Weesper une description de poste et a instantanément accès à un réseau très qualifié de personnes sélectionnées pour leurs qualités d’animateur de communauté, d’attention au profil de leurs pairs; les membres de la communauté Weesper vont « recommander » des profils qu’ils connaissent et en qui ils ont confiance (le réseau, toujours le réseau). Si l’entreprise embauche l’un de leurs « recommandés », ce membre de la communauté touche une récompense. Nous avons commencé à tester notre approche et nous avons été étonné : l’aspect lucratif joue, mais est très loin d’être la première motivation de nos membres qui parfois souhaitent même reverser la prime à une association caritative. L’objectif pour eux n’est pas de gagner de l’argent mais de rendre service à des gens qui ont leur confiance (encore une fois le réseau). Weesper n’a vraiment pas grand-chose à voir avec les « job boards » classiques

Le lancement en grand de Weesper, c’est pour quand ?

A l’automne ! Et comme vous l’imaginez notre ambition avec nos associés est grande. Nous aurons l’occasion d’en reparler à ce moment.

Merci Johana et rendez-vous cet automne.