18 Juin

Un peu d’enthousiasme ne nuit pas

Comme de nombreux collègues marketers, je suis abonné à de multiples newsletters, certaines désirées, d’autres moins ; et parfois, les titres s’entrechoquent comme ce matin quand je lis : « Consommer c’est importer : la déconfiture du made in France » versus « La France, le pays le plus innovant d’Europe ».

Peu importe le contenu de ces articles, les rédacteurs ne transmettent certainement pas de fake news : Xerfi d’un côté, Statista de l’autre ont la réputation d’être des gens sérieux ; ce qui m’interpelle, c’est l’angle … et peut-être, plus que l’angle, la vision plus ou moins passéiste de notre économie – ou peut-être simplement donneurs de leçons négatifs versus une appréhension plus positive.

Le France est un pays où pullulent les startups – nul ne le conteste : et le phénomène startup, ce n’est pas seulement des innovations décoiffantes, ou des business plans qui vont de très sérieux à complètement délirants ; c’est aussi un immense enthousiasme ! Et ça, les économistes « traditionnels » ne le prennent pas vraiment en compte.

Bien sûr, les chiffres sont importants : mais ils ne reflètent pas seuls la bonne santé d’une économie, et surtout d’une entreprise.

Bien sûr, que les consommateurs de notre pays achètent des produits High Tech made in China ne constituent pas une bonne nouvelle pour les fabricants de smartphones ou de téléviseurs français … sauf qu’il n’y en pas ! Ou plus, depuis la déconfiture de Thomson : ne vous y trompez pas, les produits commercialisés à cette marque ne sont que des appareils chinois dont les vendeurs payent quelques royalties à Technicolor pour avoir le droit d’utiliser une appellation naguère prestigieuse.

Que le « made in France » ait complètement disparu là où les marges ont totalement fondu, inutile de s’apitoyer ; mais il conviendrait de pas oublier les initiatives intéressantes comme la Camif, qui précise l’empreinte carbone des meubles qu’elle commercialise – et privilégie ainsi le … made in France !

Quant à Blablacar ou autres Critéo, leaders dans leurs domaines respectifs, bien sûr ils n’apposent pas « made in France » sur leurs services, mais il contribuent très fortement à l’économie nationale.

Heureusement les startups ne comptent pas sur les analyses des économistes pour se lancer.